20.05.2006

COURAGE

Affaire d'euthanasie de Saint-Astier : le parquet général requiert les assises
LE MONDE | 19.05.06 | 13h46  •  Mis à jour le 19.05.06 | 13h46
BORDEAUX ENVOYÉE SPÉCIALE 
Elle est sortie de la salle d'audience par la porte des avocats, loin des caméras, les yeux embués de larmes et le corps tremblant. Chantal Chanel, infirmière à l'hôpital de Saint-Astier (Dordogne), lâche : "C'est terrible, cette froideur du réquisitoire, cela m'a fait peur." Jeudi 18 mai, le ministère public a demandé à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux de confirmer le renvoi en cour d'assises de cette infirmière et du docteur Laurence Tramois pour avoir pratiqué un acte d'euthanasie le 25 août 2003 sur une femme en phase terminale de cancer (Le Monde du 7 et du 13 janvier).

Dans un réquisitoire sans concession, l'avocate générale, Marie-Hélène Heyte, a retenu que la décision du docteur Tramois de demander à Mme Chanel de pratiquer une perfusion mortelle de chlorure de potassium avait été prise "sans l'accord de la famille" ni demande écrite de la patiente. "Il existe des certitudes pour ordonner la mise en accusation de l'infirmière et du médecin des chefs d'empoisonnement et de complicité d'empoisonnement", a conclu l'avocat général.

Le mari et le fils de la défunte... ne se sont pas constitués partie civile.

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Si la Justice est une fenêtre ouverte sur le monde social, alors nous sommes tous collectivement responsables de cette honteuse hypocrisie, sinon...

Si un jour ça m'arrive, promettez moi, mes amis, de ne pas attendre la phase terminale pour me faire avaler mon bulletin de naissance! Mais trouverez-vous, ce jour-là, des personnes aussi courageuses que cette infirmière et ce médecin??? 
 

Commentaires

Disposer de sa propre vie tout comme disposer des moyens de sa propre mort, sont proscrits par notre système d'une part et cette moralité judéo-chrétienne sur laquelle ledit système s'est édifié d'autre part. Cette racine-là demeure et conditionne tout un mode d'actions et de pensées où la vie humaine est rattachée à un soi-disant "principe supérieur" pour reprendre une formulation si chère aux "guénoniens" ! Dépossédé, l'homme n'a plus comme alterntive de s'en remettre entre les mains du pouvoir temporel et de l'autorité spirituelle. Cette dernière jouant de façon occulte un rôle toujours auss effectif. Le corps scientifique et médical qui se substitue à Dieu ne peut donc totérer de voir son "support" (le malade) prendre subitement son autonomie en édictant son droit à la mort afin d'apaiser ses souffrances. "tu enfanteras dans la douleur" et tu vivras et mourras dans la douleur étant l'extension de cette injonction de foi !
En ces temps de retour d'un certain ordre moral, où l'on veut nous faire marcher au pas, le pli de pantalon aussi droit et raide qu'une matraque de CRS, "dis bonjour au monsieur, sois poli(e) avec la dame et redresse ton képi" ; le nationalisme plante ses assises dans des commémorations à n'en plus finir, la révolte se voit anéantie par un recours à une sémantique aliénante : la grève est désormais une prise d'otages, comprends qui veut… en ces temps, dis-je, où la peur mène la danse au bal des fantômes lesquesl fantômes s'adonnent aux jeux des ombres chinoises afin de conserver leur anonymat, la sentence NI DIEU NI MAÎTRE prend tout son sens !
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira, ça ira…

Ecrit par : Fabrice | 21.05.2006

Merci pour ton opinion très éclairante, Fabrice... il faut en effet replacer cette (aberrante) décision de justice dans son contexte historico-idéologique... mais ça fait peur!!!
jp

Ecrit par : arlequin | 21.05.2006

Nier le droit de tout individu à décider du terme de sa propre vie suppose s'arroger le droit de décider de la vie d'autrui indépendamment de sa volonté, c'est-à-dire celui d'être le maître de la vie des autres. Si nous comprenons que toute personne est souveraine, c'est donc à elle qu'il convient de décider de son sort. Par extension, toute intervention consentie de la part de tierces personnes pour assister un individu qui désire mettre fin à ses jours est parfaitement légitime.

Mais... dans ce cas précis, le problème est que l'on est pas sûr du consentement de la patiente, ni document écrit, ni accord de la famille.

Ecrit par : Lucilio | 21.05.2006

... comme dans la plupart des cas. Personne n'est préparé à vivre de telles situations, il y a un tel tabou autour de la mort dans notre bel occident. Il me semble même que le cûlte de l'individu et de la réussite personnelle nous éloigne de cette préoccupation. La mort est rejetée dans l'impensable car considérée comme l'échec suprême.
Dans les sociétés traditionnelles (holistes) la mort a toujours concerné le groupe et pas seulement l'individu: place de l'individu dans le groupe, relations aux ancêtres, cûlte des esprits des morts...

Ecrit par : arlequin | 24.05.2006

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