25.05.2006

Classes sociales

La French intégration sous l'oeil critique de Britanniques

par Haydée SABERAN
Libération: jeudi 25 mai 2006     
"... Ils sont citoyens britanniques, tous d'origine pakistanaise, membres d'une délégation «de jeunes personnalités musulmanes» envoyée par le ministère des Affaires étrangères de leur pays. En ce début mai, ils voyagent en France dans le cadre d'une mission sur «l'islam britannique» du gouvernement Blair. Parmi eux, un préfet de police adjoint, une baronne de la chambre des Lords, un député travailliste et des cadres de collectivités locales. Ils visitent les banlieues de Paris et de Lille pour parler «intégration, éducation, maintien de l'ordre» après les émeutes de novembre. Le rapport avec l'islam ? «Les quartiers touchés sont habités par une majorité de musulmans.» Comme à Oldham, Burnley et Bradford, secoués par des émeutes en 2001. «Nous sommes soumis à des stéréotypes négatifs. Notre responsabilité est de provoquer le dialogue», explique Jamilah Shah, diamant à la narine, longs cheveux raides, chargée de la cohésion sociale à Blackburn...

...Cité des Bosquets, au centre de loisirs des jeunes de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), géré par la police nationale. Fawad Bhatti regarde les longues barres grises : «L'intimité est un luxe pour les riches. Elle devrait être un droit pour tous.» Elle veut comprendre ces émeutes de novembre, déclenchées dans la ville voisine, Clichy-sous-Bois. Rosine Bellanger, maire adjointe, souligne l'«absentéisme de la famille»....  Ali Jan Haider, directeur pour l'égalité et la diversité dans les établissements de santé de Bradford : «Cela réglera-t-il les problèmes de discrimination, de chômage, de misère ? Il y a un problème de classe sociale, pas seulement de race. Avez-vous travaillé sur cette question ?»... «tout va bien», assure l'adjointe. «On a un bon suivi de notre population.» Le brigadier-chef, patron du centre de loisirs, se plaint que les «papas» ne viennent pas «découvrir que leurs enfants sont capables de faire des choses positives». Marie-Hélène Hassan, qui dirige une association d'aide aux femmes, réplique qu'on a «trop tendance à considérer les parents d'origine étrangère comme des mineurs. Comme s'ils n'étaient pas capables». Ali Jan : «Quand on traite les parents comme ça, les enfants ne les respectent pas.»..etc...

... A la mosquée de Grande-Synthe, on confie aux visiteurs que «les salles de sport ne suffisent plus, ce qui compte, c'est le travail». Et on se désole de ces «diplômés qui partent en Angleterre ou en Irlande, où on les juge sur leur compétence». La délégation repart, consternée. Jamilah Shah : «Vous ne leur faites pas de place, et c'est nous qui en profitons.» Avant de prendre l'Eurostar pour Londres, la baronne tempère : «Vous avez quelque chose que nous n'avons pas. Les gens d'ici disent "Je suis citoyen français". Nous, on se définit comme individus. Vous avez quelque chose à nous apprendre." (extraits de l'article)

>>lire l'article complet

Une tendance récurrente de la droite à réduire les problèmes sociaux à des difficultés strictement familiales!!!

à vous...

Commentaires

Houlà, 16 commentaires sur l'article précédent, et rien sur celui là ?
Serait-ce à moi de commencer ?
Que nenni, trop compliqué.
Allez Lucilio, à toi l'honneur !
Ou bien à toi roi bourdieusien ?

Ecrit par : alexis | 25.05.2006

le problème des banlieues est un problème ancien..
elles étaient symbole d'acension sociale, puis, avec la fuite des classes moyennes, sont devenues les lieux de concentrations de problèmes: économiques, sociaux, environnementaux, habitationnels, psychologiques, culturels... voués a la ségrégation, a l'exclusion, au chômage, les cités ont un vivre ensemble tout particulier (et pour avoir analysé quelques mois un quartier de bordeaux "les aubiers" pendant quelques mois je peux vous l'assurer): ils sauvent même la face dans leurs appartements aux vitres cassées, au froid pénétrant, a l'environnement insalubre: les gens de cité ont une reelle envie de s'en sortir: mais l'ampleur des dicriminations qui traversent aussi bien les habitants que leur territoire les démobilise, les isole, les aigrit... (dans ce quartier de bordeaux, une seule route traverse cette cité: cette route mene a un acsino -de jeux- et a des centres commerciaux innabordables pour 80% des habitants... pour aller au centre ville de bordeaux il faut traverser un no man's mand... un pont... autrement il y a un bus...un seul...)

comment peut on rechercher des explications a ces phénomènes sociaux, économiques... dans des explications raciales, ethniques, individualisantes ou psychologisantes:
responsabiliser ces gens c'est eclaircir leurs actes de maniere ethnocentrique, egoiste, toute relative: leurs codes ne sont pas les notres ("c'est pas l'école qui nous a dicté nos codes"):
de plus nous n'aurions le droit de les rendres responsables que si nous leurs avions donné les outils de leurs responsabilité...

bravo arlequin poura voir cité ce trés bon artique...
peut etre puis je me permettre de poser un lien sur mon blog?

(lucilio; une explications libérale, dans laquelle l'individu serait responsable de ces actes?)

Ecrit par : roi bourdieusien | 26.05.2006

jme suis lancé le premier alexis....

Ecrit par : roi bourdieusien | 26.05.2006

merci, roi, pour faire part de ton expérience et de tes analyses. Ce que je retiens c'est:"c'est pas l'école qui nous a dicté nos codes".ça c'est redoutable puisque ça ns oblige à accepter que se développent des cultures parallèles non intégrables a priori, car constituées de notions qui échappent au modèle d'intégration républicain français, fondé sur l'anti-communautarisme.
Et puis n'oublions ce qu'on trouvait dans les écoles de la république en Bretagne, il y a un siècle: "il est interdit de cracher par terre et de parler breton"... l'histoire se répète sous d'autres formes ... mais là, notre système a trouvé ses limites...
merci Alexis d'avoir provoqué des commentaires!

Ecrit par : Arlequin | 26.05.2006

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