Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/11/2008

"Pourquoi voudriez-vous ?"

Parmi la brochette d'employés de l'épicerie fine qui nous sert de gouvernement, il y en a un que j'affectionne particulièrement, c'est le Ministre du Travail... des autres!
En fait ce monsieur n'a qu'un argument à produire, c'est le suivant:
"Pourquoi voudriez-vous que je les empêche de .... si eux-mêmes le souhaitent"?
Dans la suspension on peut placer la formule qu'on veut, par exemple:
- travailler plus,
- travailler le dimanche,
- travailler après 65 ans,
- accepter des baisses de salaires,
- discréditer les syndicats,
- contourner les conventions collectives,
- négocier directement de gré à gré...
(à compléter...)
Ce monsieur qui nous assène ces évidences de manière compassée, les yeux écarquillés, le nez pincé et la mine contrite, me fait froid dans le dos.

Ce champion de la liberté individuelle ignore sans doute (ou feint d'ignorer) que les rapports de travail sont des relations asymétriques et que ce sont toujours les plus faibles qui subissent la loi des plus forts.
C'est sans doute cette fausse évidence  -"pourquoi voudriez-vous...?" - qui représente le danger le plus grave car le plus insidieux pour l'avenir de nos conditions de travail et des relations salariales.
En fait c'est la négation de notre histoire sociale, le mépris de toute dimension collective et la perte des valeurs qui ont fondé notre citoyenneté qui sont en jeu ! Rien que ça!
Sur le travail du dimanche par exemple, il est clair que les "volontaires" seront ceux qui ne pourront pas faire autrement! "Pourquoi voudriez-vous que je les empêche de se faire avoir s'ils aiment ça ?"
Vous avez tort de jouer avec ça, monsieur le ministre!