09.09.2009
Retour d'exil...
Deux faits d'actualité m'ont touché ce matin:- la déclaration de la Garde des Sceaux de ne pas donner suite aux amendements du Sénat pour assouplir l'incarcération,
- la décision imminente du Brésil d'extrader ou non Cesare Battisti qui risque la perpétuité en Italie.
Ces 2 faits me ramènent à un bouquin magnifique que je viens de terminer et qui m'a vraiment bouleversé :
"Retour d'exil d'une femme recherchée" d'Hélène CASTEL (Seuil)
Après un casse raté auquel elle a participé au début des années 80, Hélène Castel s'enfuit au Mexique et se construit une solide vie familiale et professionnelle. 24 ans plus tard, à savoir quatre jours avant la prescription de sa peine, elle est arrêtée (à la demande du Ministre de l'Intérieur de l'époque.. c'était qui en 2003 ???) passe 3 mois dans les geoles mexicaines et 12 à Fleury en attendant son procès.
Juste un petit extrait de la préface écrite par Nancy Houston :
"le paradoxe de la prison, c'est que cruellement et méthodiquement, elle s'acharne à faire disparaître l'individualité de ceux-là mêmes chez qui, déjà, elle est mal assise, branlante."
Courez vite acheter le bouquin d'Hélène CASTEL, vous en sortirez plus grands.
à+
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24.06.2009
Désinstitutionnalisation de la culture
Les 10-24 ans sont nés dans un monde dominé par les médias numériques.Fort niveau de connexion, forte assiduité, préférence marquée pour les jeux, les logiciels de création ou le téléchargement de musique, les jeunes se sont emparés massivement des Techniques de communication. Mais ce qui semble surtout les attirer, ce sont les activités tournées vers la communication: messagerie instantanée, chats, forums, blogs etc...
Meilleurs connaisseurs des équipements culturels que leurs aînés ne l'étaient à leur âge, ils sont plus adeptes des pratiques culturelles amateurs (traitement de l'image et du son, notamment)
Mais qu'en est-il alors des transmetteurs traditionnels que sont la famille et l'école ?
"Les parents souhaitent laisser une large liberté aux héritiers,
les identités culturelles sont co-construites dans des familles" pluricomposées où la culture est comme le reste, négociée, partagée et rarement objet d’opposition générationnelle.
Quant à l'école, si "son autorité traditionnelle est battue en brèche, ce n’est pas seulement parce qu’elle n’a plus le monopole du savoir ni même que le savoir ne semble plus être le passage obligé pour réussir sa vie, mais également parce que ses modes d’intervention semblent de moins en moins en phase avec les compétences et attentes des jeunes générations."
Autre différenciation intéressante, celle liée au genre.
Il semble en effet que les pratiques des filles et des garçons soient assez dissemblables, ceux-ci étant mieux dotés en jeux video et celles-là plus impliquées dans les pratiques culturelles les plus savantes.
Pour conclure et malgré les disparités,"les loisirs des jeunes générations sont caractérisés par une désinstitutionnalisation, un désencadrement relatif et une individualisation croissante. La privatisation galopante des loisirs culturels, illustrée par la place croissante dédiée à la culture de la chambre, s’accompagne d’une désinstitutionnalisation des loisirs, facilitée
par les mutations des offres médiatiques et technologiques elles-mêmes : le podcasting, la VàD, le téléchargement..."
la loi HADOPI, qui a coûté sa place à cette pôvre C. Albanel, n'a vraiment aucune chance de s'appliquer un jour...
11:28 Publié dans Eclats de verre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : culture, jeunes
03.04.2009
Pour ne pas conclure...
Pour tenter de rompre avec le discours occidental dominant qui consiste à affirmer que chacun est maître de son destin et responsable de son malheur, nous avons diffusé des documentaires sur des thèmes variés pour essayer de rendre compte de la réalité sociale telle qu'elle se présente à nous.
Voici quelques réflexions à chaud pour ne pas tomber dans "l'ineptie de conclure":
- Les "personnes de la rue" ou en grande précarité, aussi cabossées soit-elles par les ruptures familiales, professionnelles ou psychologiques qu'elles ont SUBIES, parviennent par la musique et le chant choral à créer des réseaux de solidarité qui leur font reprendre goût à la vie.
- les immigrés tunisiens, travailleurs manuels arrivés à 20 ans pour pallier le manque de main d'oeuvre française, ayant vécu toute leur vie dans des baraquements et largement exploités par le système capitaliste font enfin l'objet de l'attention des pouvoirs publics.
- "Guerre aux chômeurs ou guerre au chômage".En quoi les personnes qui perdent leur emploi à la suite d'une crise directement provoquée par les abus du capitalisme financier sont-elles responsables de leur situation ?
Plutôt qu'à les prémunir contre la pauvreté, la tendance actuelle est bien davantage à les culpabiliser!
- Les 300000 surendettés que compte la France ont succombé aux pièges et à l'agressivité des banques qui cherchent à placer à tout prix des crédits "revolving".
- Sur les 3400000 salariés qui travaillent à temps partiel et gagnent moins que le SMIC, les trois quarts sont des femmes et 80 % d'entre elles souhaiteraient travailler plus. Au lieu de cela, on veille à ce qu'elles ne puissent se rencontrer et sont donc dans l'incapacité de mener une quelconque action collective.
- lorsque des enseignants militants se donnent la peine de braver l'Education Nationale pour proposer aux élèves en grande difficulté des formes d'expression adaptées à leurs besoins, on obtient des résultats magnifiques.
- les joueurs excessifs sont attirés moins par l'appât du gain que par une irrépressible envie de ressentir une excitation qui finit par les mettre en grande souffrance et parfois par menacer leurs vies. Eux aussi sont pris dans une infernale spirale dont on ne peut se sortir uniquement par la VOLONTE.
- les clandestins qui grelottent dans les squares de Calais, chassés par les guerres et par la misère, ont-ils vraiment choisi de venir mourir sous les essieux d'un camion en partance pour l'Angleterre ? Rappelons que l'immigration est avant tout un enjeu politique.
- les travailleurs sociaux, pris en tenaille entre les "usagers" en détresse et l'administration tatillonne disposent de quelle marge de manoeuvre ? Placés bien souvent au coeur d'un conflit de loyauté, comment peuvent-ils garder la distance et la sérénité indispensable à toute intervention sociale ???
- Enfin, très représentrative de l'ensemble, la disparition progressive des Services Publics a cet effet insidieux de transformer les citoyens éduqués et responsables en proies faciles du marketing et de la publicité.
La mondialisation des échanges, la privatisation des services et la financiarisation de l'économie ont eu comme effet la montée des inégalités.
Pris dans cette logique de profit à court terme, l'individu, glorifié, courtisé et au bout du compte manipulé, est-il en mesure de peser sur sa destinée et de formuler des choix libres et responsables?
"La bourse des valeurs plutôt que les valeurs de la Bourse"...
Merci de compléter et de laisser des commentaires...
11:15 Publié dans Eclats de verre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : pauvrete, responsabilite
24.03.2009
L'essentiel sans cesse menacé...
Ma visite d'hier à un vieil ami qui vit ses dernières heures, et qui le sait, après un long combat de 3 ans et demi avec la maladie, me pousse impérieusement à faire le parallèle avec l'actualité socio-politique telle que nous la vivons aujourd'hui dans l'espace public.
Manipulations, machinations, trahisons, c'est le triste spectacle que nous donnent nos élites.
Appât du gain, escroqueries, vols et mensonges, le comportement maintenant dévoilé des riches qui nous gouvernent!
La futilité, le superficiel, le clinquant (cf Séguéla) est la règle, au détriment de la profondeur et de la sincérité des sentiments.
La délation, la dénonciation et la criminalisation de la solidarité (cf "Welcome") sont désormais inscrites dans la loi.
Alors, mon ami, qui attends sereinement la camarde, ce que tu m'as dit avec tes yeux intensément brillants, c'est tout simple:
si nous vivions pour l'essentiel et non pour le paraître, une infinie paix se répandrait en nous et autour de nous!
Toi qui étais l'exact contraire d'un moralisateur et d'un bigot, tu m'as fait comprendre que le pouvoir sur les autres après lequel nous courons tous plus ou moins, est indécent et vulgaire; et toi, sa compagne, tu m'as signifié que l'invisible est toujours plus beau que l'image.
Le jeune enfant qui fait un dessin se préoccupe-t-il de l'effet produit?
Non sans doute, il projette ce qu'il ressent, ce qu'il vit, ce qu'il aime ou rejette. Et puis, un adulte vient à coup sûr lui dire ce qu'il y a lieu de montrer pour "faire beau"! Le charme est rompu! En devenant un être social, l'enfant intègre les codes qui lui permettront de prendre sa place dans le grand carrousel de la séduction. De gagner une place socialement acceptable en perdant l'essentiel de son être!!!
Comme le dit René Char :"L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant".
12:39 Publié dans Eclats de verre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : manipulations
20.01.2009
De fric et de frime
Dans ce pays entraîné par ce gouvernement vers le fric et la frime, voilà une petite histoire à méditer :
"Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station L'Enfant Plaza du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C'était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur boulot.
Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Quelques minutes ensuite, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard.
Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien.
Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Quand il a eu fini de jouer, personne ne l'a remarqué. Personne n'a applaudi. Seule une personne l'a reconnu sur plus de mille personnes.
Personne ne savait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars. Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.
C'est une histoire vraie. Joshua Bell jouant incognito dans une station de métro a été organisé par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. "
09:37 Publié dans Eclats de verre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fric
24.12.2008
Trêve de Noël
18:41 Publié dans Eclats de verre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16.12.2008
Le droit de mourir
Je viens de terminer le dernier bouquin de Guy Bedos : "Le jour et l'heure".
Petit roman au ton plaisant et léger pour traiter d'un sujet plutôt à la mode en ce moment et que j'ai envie d'interpréter ainsi:
alors que, dans les pays occidentaux au moins, les progrès de la médecine repoussent sans cesse les limites de la vie, sommes-nous prêts à accepter de vieillir en assistant au spectacle de notre propre dépérissement ?
Le bon Dr Léonetti, chargé d'évaluer une loi dont il était lui-même l'auteur (paradoxe sarkozien du juge et partie!), l'a bien dit : ma loi est excellente, poursuivons!
Guy Bedos s'inscrit en faux contre cette hypocrisie. Pour lui, chacun reste libre de partir dans les meilleures conditions possibles lorsqu'il estime ne plus être en capacité de mener une vie en accord avec ses attentes.
Et même si notre célèbre humoriste s'emploie plutôt à nous (se) persuader de l'amour indéfectible de ses enfants et de ses succès féminins (ah la "pompeuse funèbre"), il pose quand même la question de savoir où trouver la bonne "filière", au bon moment, pour partir en douceur. Lui, l'a trouvée!
Juste quelques réflexions sur un sujet grave insuffisamment traité dans le bouquin de G. Bedos:
Notre société cultive l'individualisme, il serait donc logique qu'elle accorde à chacun le droit de vie et de mort sur lui-même et qu'elle l'accompagne pour qu'il puisse, comme on dit, "mourir dans la dignité".
De plus, dans ce monde d'apparences et d'image, la dégradation physique voire mentale est-elle encore supportable ?
Enfin dans cette société libérale qu'on appelle de nos voeux, chacun n'est-il pas libre de ses choix ?
Tout cela paraît évident et je souscris à cette idée de mourir avant d'être un légume qui embête tout le monde et qui coûte plein de sous à la Sécu!!!
Pourtant, la légalisation de l'euthanasie active comporte bien des risques.
Banaliser la mort n'entraîne-t-il pas une dévalorisation de la vie ? Faciliter le décès volontaire ne revient-il pas à tout miser sur la performance et la réussite? L'homme ne vaudrait qu'en tant qu'être productif qu'il faut éliminer lorsqu'il ne peut plus assumer ce rôle !!!
Alors quid des handicapés, des malades, des vieillards ??? Et je ne parle pas des marginaux, des délinquants, des SDF et même des chômeurs, et pourquoi pas des pauvres !!!
Ainsi l'on pourrait entendre ce type de réflexion: "Regarde ce pauvre type, comment peut-il accepter de vivre ainsi, qu'est-ce-qu'il attend pour disparaître ?"
Au fond, Guy Bedos a raison, seul l'amour rend supportable l'attente de la mort.
Pour autant, notre législation est frileuse et obsolète...
à vous...
14:26 Publié dans Eclats de verre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
14.06.2008
Pour le plaisir
Pour le plaisir de partager le spectacle dont je profite à ma fenêtre.
C'est un petit pic-épeiche qui attend la becquée!
Merveilleux, n'est-ce pas ??
"La Nature, trésor inépuisable des couleurs et des sons, des formes et des rythmes, modèle inégalé de développement total et de variation perpétuelle, la Nature est la suprême ressource !"
Olivier Messiaen
Bon ouik à tous!
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25.05.2008
Fête des mères

- la première c'est de courir après la réussite individuelle par l'accumulation de capital économique,
- la seconde, c'est de valoriser les relations désintéressées entre les hommes, de développer les arts et le respect de la nature.
Dans le premier cas, l'important c'est la vitesse, le profit, la richesse et la compétition,
Dans le second, c'est la prise en compte du groupe, la collaboration, le travail en équipe, le partage des richesses.
Dans le premier, c'est le chacun pour soi,
Dans le second, le respect de l'autre et la recherche de l'égalité des chances.
Dans le premier, c'est la lutte de chacun contre tous,
Dans le second, c'est la générosité, la solidarité...
Naïf tout ça ???
Oui sans doute, mais si ma maman était encore de ce monde, je crois qu'elle aurait bien aimé ce que je viens d'écrire !!!
Alors belle journée de fête à toutes celles qui se sentent une âme de mère !!!
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15.04.2008
Un prince dans la nuit
Parmi les docs de cette semaine à la télé, je me permets de vous en recommander un très chaudement:
LETTRE A LOU, UN PRINCE DANS LA NUIT (2005)
un film de Luc Boland

"Lou est né aveugle, d'un papa cinéaste.
C'est dire le bouleversement et la remise en question qui ont suivi sa venue.
Avoir un enfant aveugle, c'est devoir embrasser la différence de l'autre ; c'est devoir oublier la logique des voyants pour celle d'un monde où il faut tout réapprendre. Plus qu'avec n'importe quel autre enfant et étant donné l'absence de toute information visuelle, il faut patiemment assembler une pièce après l'autre, s'accrocher à un acquis pour aborder le suivant, et expliquer, réexpliquer sans relâche l'évidence qui ne l'est plus : le ciel, le soleil, la mer, la pluie, une automobile, les jours ou le temps qui passe..."
Un film lumineux et si apte à nous faire redécouvrir cette évidence que ce sont les plus faibles qu'il faut écouter, pas les plus riches ...
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