02.07.2009

Brasser une énorme quantité d'air.


Un homme, dans la nacelle d’une montgolfière ne sait plus où il se trouve. Il descend et aperçoit une femme au sol. Il descend encore plus bas et l’interpelle :
« Excusez-moi ! Pouvez-vous m’aider ? J’avais promis à un ami de le rencontrer et j’ai déjà une heure de retard car je ne sais plus où je me trouve. »
La femme au sol répond :
« Vous êtes dans la nacelle d’un ballon à air chaud à environ 10 m du sol. Vous vous trouvez exactement à 49° 28’ 11’’ Nord et 8° 25’ 58’’ Est ».
« Vous devez être expert international » dit l’aérostier.
« Je le suis », répond la femme, « comment avez-vous deviné ? »
« Eh bien », dit l’aérostier, « tout ce que vous m’avez dit a l’air techniquement parfait, mais je n’ai pas la moindre idée de ce que je peux  faire de vos informations et en fait je ne sais toujours pas où je me trouve. Pour parler ouvertement, vous ne m’avez été d’aucune aide. Pire, vous avez encore retardé mon voyage. »
La femme lui répond :
« Vous devez être Sarkozy »
« Oui, » répond l’homme avec fierté, « mais comment avez-vous deviné ? »
« Eh bien, dit la femme, vous ne savez ni où vous êtes, ni où vous allez. Vous avez atteint votre position actuelle en chauffant et en brassant une énorme quantité d’air.
Vous avez fait une promesse sans avoir la moindre idée comment vous pourriez la tenir et vous comptez maintenant sur les gens situés en dessous de vous pour qu’ils résolvent votre problème. Votre situation avant et après notre rencontre n’a pas changé, mais comme par hasard, c’est moi maintenant qui à vos yeux en suis responsable ! »

Très bonnes vacances à tous les amis.

26.06.2009

RSA, fausse bonne idée.

clochard.JPGMarie-Andrée, une assistante sociale amie, me disait il y a quelques jours: "le RSA ! Personne n'a le mode d'emploi. Nous on n'a pas les textes d'application. Quant aux usagers, ils n'y comprennent rien!"
Il était pourtant dégoulinant de fierté le bon Hirsch: "le RSA, comment peut-on être contre ?" Pris par la fièvre sarkozienne, le bon Père Abbé!
Le premier résultat est un engorgement des Pôles emplois en particulier par tous ces RMIstes qui affluent avec le RSA.
Comment les professionnels pourront-ils remplir leur mission alors qu'on semble dissocier désormais insertion professionnelle et accompagnement social ? Agents des pôles emploi et travailleurs sociaux devront-ils désormais collaborer ???... sur quels temps ? Alors que les uns et les autres sont déjà débordés.


Bon nombre de spécialistes admettent que les deux tiers des RMIstes sont bien trop éloignés de l'emploi pour pouvoir profiter des nouvelles mesures. Fallait-il dépenser autant d'énergie pour un résultat aussi mince ?


Ce qui est sûr en tout cas, c'est que les employeurs se frottent les mains.
Encore un type de contrat qui tire le salariat vers le bas.

Merci qui ?

24.06.2009

Désinstitutionnalisation de la culture


  fée-copie.wjpg.jpgLes 10-24 ans sont nés dans un monde dominé par les médias numériques.
Fort niveau de connexion, forte assiduité, préférence marquée pour les jeux, les logiciels de création ou le téléchargement de musique, les jeunes se sont emparés massivement des Techniques de communication. Mais ce qui semble surtout les attirer, ce sont les activités tournées vers la communication: messagerie instantanée, chats, forums, blogs etc...
Meilleurs connaisseurs des équipements culturels que leurs aînés ne l'étaient à leur âge, ils sont plus adeptes des pratiques culturelles amateurs (traitement de l'image et du son, notamment)

Mais qu'en est-il alors des transmetteurs traditionnels que sont la famille et l'école ?
"Les parents souhaitent laisser une large liberté aux héritiers,
les identités culturelles sont co-construites dans des familles" pluricomposées où la culture est comme le reste, négociée, partagée et rarement objet d’opposition générationnelle.
Quant à l'école, si "son autorité traditionnelle est battue en brèche, ce n’est pas seulement parce qu’elle n’a plus le monopole du savoir ni même que le savoir ne semble plus être le passage obligé pour réussir sa vie, mais également parce que ses modes d’intervention semblent de moins en moins en phase avec les compétences et attentes des jeunes générations."
Pourtant il faut nous garder de la tentation naturelle à la généralisation égalitaire. La révolution numérique n'a pas aboli les lignes de fracture sociale et 10% des jeunes restent exclus des loisirs culturels. "L’entrée en culture des enfants de cadres est toujours plus massive (ces enfants sont plus consommateurs de toutes les formes de culture, légitime ou médiatique, à l’exception de la télévision)". Les enfants d'ouvriers font un usage moins fréquent, moins varié, de l'ordinateur faute de trouver à leur domicile les interlocuteurs disponibles et compétents.
Autre différenciation intéressante, celle liée au genre.
Il semble en effet que les pratiques des filles et des garçons soient assez dissemblables, ceux-ci étant mieux dotés en jeux video et celles-là plus impliquées dans les pratiques culturelles les plus savantes.

Pour conclure et malgré les disparités,"les loisirs des jeunes générations sont caractérisés par une désinstitutionnalisation, un désencadrement relatif et une individualisation croissante. La privatisation galopante des loisirs culturels, illustrée par la place croissante dédiée à la culture de la chambre, s’accompagne d’une désinstitutionnalisation des loisirs, facilitée
par les mutations des offres médiatiques et technologiques elles-mêmes :
le podcasting, la VàD, le téléchargement..."
Individualisation, massification, immédiateté et gratuité de l'accès aux techniques numériques telles que les jeunes les plébiscitent...
la loi HADOPI, qui a coûté sa place à cette pôvre C. Albanel, n'a vraiment aucune chance de s'appliquer un jour...
Merci à Olivier pour le rapport sur les Jeunes et la Culture disponible sur le site du Ministère de la Culture
et à Pauline pour le fort joli dessin.
 

09.06.2009

La forteresse Europe

lacapellemarival.w.jpgLe résultat le plus paradoxal de cette élection européenne, c'est le succès des droites dont l'idéologie est pourtant globalement responsable de cette crise économique que nous connaissons et qui jette à la rue des millions de travailleurs européens.
Alors pourquoi les victimes de ces choix désastreux ont-ils choisi de maintenir leur confiance aux responsables de ces désordres ?
En un mot, pourquoi les pauvres continuent-ils de voter pour des riches qui les dépouillent ???
A cela deux réponses:
- c'est à droite que se trouvent les moyens financiers permettant de contrôler les médias et de manipuler l'opinion, par exemple en faisant passer le message que c'est la droite qui est la mieux placée pour nous sortir de la crise!
- mais le plus évident vient du conformisme "construit" du monde social qui veut qu'on PREFERE UN MAL QU'ON CONNAIT A UN BIEN INCONNU.
Dans le premier cas, au moins on sait ce qu'on a, dans le deuxième, on redoute l'ouverture, l'aventure, le risque...
Et puis on nous a tellement fait peur avec "le Rouge, le couteau entre les dents!"
L'Europe devient un monde de p'ti vieux craintifs, repliés, habitués à piller le tiers-monde, forts de certitudes fondées sur cette fameuse et arrogante civilisation judéo-chrétienne désormais à bout de souffle.
L'arrivée d'extrémistes xénophobes néerlandais, anglais, autrichiens, etc... au Parlement Européen n'en est qu'une preuve de plus!
La forteresse Europe devra encore élever des murs, créer des centres de rétention, des "directives de la honte", mais aussi se garder de la montée de la misère à l'intérieur de ses propres remparts car la logique droitière si elle sort renforcée de cette élection, l"expression populaire est si divisée, si récupérée, si manipulée, qu'elle devra bien trouver de nouveaux moyens plus efficaces pour se réaliser !!
Non?