16/06/2010
La mère et la fille
Alors voilà, ça y est!
Après des mois de pseudo-négo, le gouvernement, dans la droite ligne de Balladur en 93 et de Fillon en 2003, veut faire travailler les français plus longtemps.
Seule la méthode change. Alors que les deux susnommés avaient fait passer leurs réformes en catimini, pendant l'été, sarko en a fait la "mère" de ses batailles, "osant" enfin s'attaquer au symbole du départ en retraite à 60 ans.
Effet de com! Evidemment! Mais pas seulement.
Depuis des mois les officines ministérielles distillent savamment les infos.
- On a craint 63 ans, le gouvernement dans sa grande bonté va s'arrêter à 62.
- On a hurlé contre le bouclier fiscal, sarkozy, sans le remettre en cause, va faire payer - un peu - les riches.
- Fillon crie à tue-tête qu'il faut économiser 100 milliards d'euros en 3 ans, le pouvoir dans sa grande miséricorde va continuer à "sauver" le modèle social français...etc...
Ce pouvoir est à coup sûr le champion toutes catégories de la communication politique.
L'argument premier de la future campagne de sarko en 2012 sera, n'en doutons pas :
J' AI SAUVE LA FRANCE CAR J'AI SAUVE SON MODELE SOCIAL! LA SECU. LA REPARTITION. LE NIVEAU DES RETRAITES... TOUT CA C'EST GRACE A MOI!
Plus à gauche tu meurs! Enfin plus PS tu meurs!
Bien sûr cette com, à l'instar de toute action de persuasion, est destinée à cacher les réalités, à occulter les vrais problèmes!
A savoir, la montée des inégalités, la faillite du capitalisme libéral, l'augmentation du chômage, la crise écologique, le recul de la place de l'art et de la culture, le repli sur soi et sur sa communauté, la politique sécuritaire, la débandade des libertés publiques, le succès des fondamentalismes religieux et de l'intolérance...
(Je compte sur mes lecteurs pour allonger la liste...)
Pour toutes ces questions fondamentales sur l'état de la société, je reconnais un mérite au sarkozysme, il a sauvé les banques! Les gros cochons d'actionnaires et les gentils petits épargnants peuvent lui dire MERCI!
C'est déjà pas si mal!
Alors, face à la grosse cavalerie élyséenne, pas étonnant que l'opinion sorte tétanisée de cette "mère" des réformes qui n'est que la fille de notre crédulité et de notre asservissement!
10:07 Publié dans Coups d'éclat | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : retraite


