15/08/2010
Essayez l'intelligence!
Matignon clot le débat sur le projet de R. Bachelot de créer des Centres d'injection supervisés pour toxicomanes.
Frileux comme à son habitude le bonfillon!
Et si les vieux réacs se mettaient à ne plus voter pour nous !!!
La réaction de députés UMP comme P. Goujon montre que ces gens ne comprennent rien au fonctionnement social et en particulier n'ont aucune idée de la vie des marginaux et des exclus:
« Pour ma part, ce projet va à l'inverse de la politique qu'il convient de mener. Je suis pour une politique de sevrage. C'est une politique qui a fait ses preuves en France depuis une vingtaine d'années, les résultats sont là. »
Seule la répression est efficace. Chacun est maître de son destin et en particulier de se droguer ou pas !!
Quelle méconnaissance grave!
Comment des représentants du peuple peuvent-ils à ce point ignorer le b-a-ba des sciences sociales ?
A savoir qu'une personne ayant dépassé un certain stade de déviance ne pourra jamais s'en sortir seule! Et surtout pas par la morale ou la sanction pénale!
Ces braves députés raisonnent comme s'ils ignoraient - mais sans doute l'ignorent-ils - que, passé un certain seuil, le sujet atteint d'une addiction a perdu sa liberté d'action. Et même lorsqu'il garde la conscience du caractère dramatique de sa situation, même lorsqu'il consent à faire des efforts pour "s'en sortir", il ne dispose plus de la capacité objective de s'y soustraire.
L'addiction entraîne la dépendance progressive, physique et psychique. En aliénant sa volonté à l'absorption d'une substance psychotrope, on est comme dépossédé de son corps et de son libre-arbitre. La perte de maîtrise de ses propres forces rend le sevrage impossible si un accompagnement très exigeant et très délicat n'est pas mis en place.
Les Centres d'Injection supervisés pour toxicomanes représentent une ultime chance pour ces personnes inaccessibles à un accompagnement habituel et surtout au prêchi-prêcha de la droite bien-pensante!
Faute de clairvoyance, essayez l'intelligence, messieurs les députés!
10:44 Publié dans Eclats de voix | Lien permanent | Commentaires (0)
13/08/2010
Le bouc émissaire

- La première phase du sarkozysme était idéologique, symbolisée par le "travailler + pour gagner +". Revalorisation du travail et du profit associé à ce travail considéré comme un effort personnel et gage de réussite individuelle.
Echec sur toute la ligne !!!
- La deuxième époque était d'ordre économique: "sauver les banques" et créer les conditions de la reprise économique.
Pas de résultat à l'horizon sinon une excroissance vertigineuse de la dette publique.
- La troisième phase a été inaugurée par le discours de Grenoble en juillet. Elle se situe sur le plan de la morale.
Désigner une catégorie sociale comme responsable de tous les maux que traverse une communauté est une démarche bien connue en psychologie sociale. Elle s'appelle la stigmatisation, qui correspond à "la mise à l'écart et au blâme d'un individu ou d'un groupe d'individu, du fait de leurs caractéristiques ou de leurs croyances, perçues comme allant à l'encontre des normes culturelles de la société dans lesquelles elles évoluent."
"Généralement conséquence de stéréotypes et de la désinformation des personnes sur le sujet donné, la stigmatisation se fait selon trois familles de caractères:
1.les signes visibles, dus à des modifications physiques (anorexie et obésité, maladie, handicap, etc.)
2.les déviations comportementales (maladie mentale, addictions, criminalité, sexualité, etc.)
3.l'appartenance supposée à un groupe donné (religion, ethnie, nationalité, etc.)"
(cf wikipedia)
Le Ministre de l'Intérieur se targue d'avoir raser 40 camps de Roms en 15 jours.
Quoiqu'il en soit des conditions d'hygiène et de salubrité de tels emplacements, à supposer même que la cohabitation soit parfois impossible avec les voisins de ces lieux d'accueil improvisés, le discours gouvernemental va forcément dans le sens du renforcement du racisme et de la xénophobie.
Le pire pour un responsable c'est lorsqu'il se croit obligé, pour maintenir la cohésion du groupe, de désigner nommément un ennemi juré, celui par qui le scandale arrive.
Mais il s'agit toujours d'une politique à courte vue car l'histoire nous montre que la violence expiatoire dirigée vers le bouc émissaire revient comme un boomerang vers son producteur.
Morale guerrière fondée sur la désignation d'un AUTRE porteur de nos malheurs.
Ca marche... au début! Comme tout ce qu'entreprend le sarkozysme!
10:53 Publié dans Coups d'éclat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sarkozysme, morale


