01/06/2008
41, 42, 43 etc...
Depuis 1993 - date de la réforme Balladur - la droite s'échigne à nous présenter la réforme des retraites comme une évidente contrainte liée à l'évolution démographique :
Plus de vieux, moins de jeunes!
Trop de vieux, pas assez de jeunes!
C'est ainsi que certains syndicats, et non des moindres, sont tombés dans le piège de ce bon gros réalisme qu'on cherche à nous imposer, en présentant l'allongement de la durée de cotisation comme une fatalité!!!
A mon avis, voilà quels sont les vrais enjeux :
- la baisse déjà réalisée du niveau des pensions:
0,3 % par an pour la retraite régime général
0,6 pour la complémentaite
0,5 pour les fonctionnaires (CERC)
le niveau de la retraite par rapport au salaire est aujourd'hui de 72 %, il devrait passer à 65 % en 2020 et à 59 % en 2050 (COR)
- l'aggravation des inégalités entre les carrières stables et les carrières hâchées, donc entre les hommes et les femmes. Actuellement, seulement 39 % des femmes retraitées ont pu valider 37,5 ans, contre 85 % des hommes.
- l'hypocrise du discours sur l'emploi des seniors, alors que plus de 60% sont hors emploi au moment de faire valoir leurs. droits, ainsi que sur la prétendue diminution du chômage, quand le taux de chômage des jeunes augmente!
- le refus du gouvernement de taxer le "capital" qui prélève pourtant des richesses extravagantes, en provoquant d'énormes dégats écologiques, sociaux, humains!
- le plus grave, c'est la rupture du contrat intergénérationnel qui donne du sens au système par répartition et que cherche à opérer la droite, en dramatisant la situation! Finie la solidarité, le chacun pour soi dans tous les domaines!
Alors que, pour financer les retraites, le besoin a été estimé par le COR à 1 point de PIB en 2020 et à 1,7 en 2050 (entre 2 et 4 milliards d'euros), cela ne représente que des bouts de chandelles par rapport aux profits engendrés par la spéculation; quant à la fraude fiscale (entre 28 et 40 milliards d'euros), surtout n'y touchons pas, on risquerait de tomber sur des amis!!!
Il vaut toujours mieux s'attaquer aux pauvres... ils sont plus nombreux, rarement dangereux, et ne font pas partie de nos relations!
15:00 Publié dans Eclats de voix | Lien permanent | Commentaires (6)
28/05/2008
La faute aux pauvres (II)

Je ne sais pas, vous, mais moi j'ai la nette impression que se manifeste en ce moment, largement encouragé par le gouvernement, un durcissement progressif dans les relations entre les "in" et les "out", les nantis et les exclus, comme on disait il y a quelques années, les méritants et les profiteurs, comme on dit maintenant.
Ce "racisme social" qui se présente sous le manteau de la responsabilisation, nous amène à nous poser désormais ces questions en ces termes:
- les pauvres sont-ils responsables de leur malheur ?
- les chômeurs, de leur inactivité ?
- les malades, de leur affection ?
- les inadaptés, de leur marginalité ?
- les enfants en difficulté, de leur échec ?
- les handicapés, de leur déficience ?
- les dominés, de leur dépendance ?
etc....
Poser ainsi la question de la responsabilité, c'est s'interroger sur les relations entre l'individu et le collectif bien sûr mais c'est surtout se demander quelle place nous faisons au sujet dans les institutions, et en particulier dans l’éducation.
Le sujet, dont la socialisation n'est plus définie par ses appartenances mais par ses capacités d'acteur,
Le sujet qui paie sa liberté par l’exigence de réussir…
à vous...
10:35 Publié dans Eclats de voix | Lien permanent | Commentaires (2)


